CYNTHIA GAUTHIER, UNE MORDUE DE SENSATIONS FORTES


Cynthia est une accro d’adrénaline et surtout une passionnée de tout ce qui touche les véhicules motorisés. Professionnelle de motocross pendant plusieurs années, elle fait aujourd’hui une carrière internationale au volant des camions géants. Fonceuse, Cynthia aime sortir des sentiers battus et relever des défis qui lui donneront des sensations fortes.

Carrière internationale

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CYNTHIA GAUTHIER

PROFESSION PILOTE DE MONSTER TRUCK

Collaboratrice : France Morency

L’an dernier, les fans de sport motorisé ont eu le plaisir de découvrir l’animatrice de Zone VL, Cynthia Gauthier. Peu connue au Québec, cette jeune femme dynamique et accro de l’adrénaline est une championne de Monster Truck et elle est la vedette dans tous les stades du monde où elle passe. Les téléspectateurs ont vite compris qu’elle était bien plus qu’un beau sourire, elle les a charmés par sa passion pour tout ce qui a un moteur, sa curiosité naturelle et sa spontanéité désarmante. Nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur sa vie hors du commun et sur sa saison.

COMMENT A ÉTÉ TA SAISON CETTE ANNÉE?

2017-2018 a été une super belle année! Jusqu’à maintenant, je faisais des compétitions dans des arénas, mais cette année, j’ai eu l’opportunité de faire des gros spectacles dans des stades et j’ai terminé souvent en 2e place. Pas 2e des femmes, mais bien de tous les participants, parce qu’il n’y a pas de catégories à part. En plus, j’ai gagné le trophée de la personne qui s’est le plus améliorée dans l’année, le Rising Star 2018. C’est un trophée qui est voté par les fans, alors il a encore plus d’importance pour moi.

QU’EST-CE QUE TU AIMES LE PLUS DANS LES COURSES DE MONSTER TRUCK?

Il y a beaucoup de choses que j’aime dans mon sport, mais la principale c’est qu’on voyage beaucoup à travers le monde. L’année dernière, je suis allée entre autres au Mexique, en France et en Espagne. Ça me fait découvrir de nouveaux pays et même si on ne parle pas la même langue et qu’on n’a pas la même culture, on partage la même passion. Au Brésil, les gens étaient des vrais passionnés des Monster Trucks et c’était vraiment cool d’être les premiers à faire un spectacle là-bas.

POURQUOI AS-TU FAIT LE CHANGEMENT DU MOTOCROSS AUX MONSTER TRUCKS?

Ma passion au départ, c’était vraiment le motocross, j’en mangeais, c’était la seule chose que je voulais faire chaque jour, c’est tout ce qui m’intéressait. Mais j’ai eu 2 opérations, des reconstructions complètes de l’épaule et du genou. J’ai réalisé que mon corps n’allait pas revenir à 100 %. C’était déchirant, mais à chaque opération, ça me prenait 6 mois de réhabilitation avant de revenir. En même temps, je réalisais que je ne pouvais pas vraiment gagner ma vie avec mon sport. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de faire le changement aux Monster Trucks. Je suis partie vivre aux États-Unis et je me suis acheté un camion, pour faire de l’autocross. C’était plus sécuritaire, avec une cage qui me protégeait, mais j’avais quand même l’adrénaline. La première année, j’ai commencé à la base, je poussais des pneus, j’aidais à nettoyer, je faisais tout ce que je pouvais pour être utile. Au début, je dois dire que ça ne m’intéressait pas vraiment de conduire un Monster Truck. Mais j’ai eu une chance d’en tester un, et dès la première fois, j’ai eu la piqure. En plus, je pouvais maintenant gagner ma vie avec ça et en bonus, voyager!

POURQUOI ES-TU PARTIE T’ÉTABLIR AUX ÉTATS-UNIS?

Au Canada, il n’y a pas beaucoup d’athlètes qui peuvent vivre de leur sport. Quand les gens ne comprennent pas, qu’ils ne partagent pas la même passion que toi, alors ça devient difficile de croire que tu vas réussir. J’ai du déménager aux États-Unis pour démarrer ma carrière. En ce moment, je suis plus connue à l’international qu’au Canada. C’est un peu frustrant parce que je représente le Québec partout dans le monde et je fais des entrevues avec des médias aussi importants que Nightline à ABC. Mais ici, au Québec, personne ne me connait. J’aimerais ça aller à “Tout le monde en parle”, j’aurais des choses à dire, mais pour le moment, ça me semble impossible.

EST-CE QUE LA PEUR FAIT PARTIE DE L’ÉQUATION OU C’EST L’ADRÉNALINE QUI PREND LE DESSUS?

Vers la fin de ma carrière de motocross, le plaisir était moins là et la peur de me blesser était plus présente. Je n’étais plus vraiment heureuse dans ma passion. Ça été un gros choix de laisser la course de motocross, mais en bout de la ligne, je suis contente de l’avoir fait parce que maintenant, c’est vraiment l’adrénaline qui domine! Quand je renverse et que je suis en l’envers, les gens me demandent: “As-tu eu peur?” et je leur répond non, parce que tout ce que je pense, c’est comment faire pour me sortir de là et donner un bon spectacle aux fans!

TU ES DANS UN SPORT D’HOMMES, EST-CE QU’IL Y A EU UN MOMENT OÙ TU T’ES DIT “OK. ILS ONT COMPRIS QUE JE SUIS À LA BONNE PLACE.”?

Je te dirais que je pense qu’ils ne comprendront jamais vraiment! (rires) C’est un défi à chaque jour, mais je ne vois pas négativement le fait qu’il faut tout le temps que je me batte. Il y a des femmes qui sont dans des milieux d’hommes principalement pour l’attention, mais il y en a d’autres, comme moi, qui sont là parce qu’elles sont passionnées par ce qu’elles font. Il y a une différence entre les deux. En motocross, on voit parfois des filles qui posent en bikinis sur leur moto et c’est certain qu’avec les médias sociaux, elles se font rapidement connaitre. Mais pour moi, ce n’est pas de la bonne façon. En vieillissant, je sais ce que je veux et je suis prête à travailler plus fort pour l’obtenir plutôt que d’utiliser mon corps et mon image pour y arriver. Et finalement, je te dirais que dans un sport d’hommes, quand ils voient que tu es là pour les bonnes raisons, ils vont te pousser à aller plus loin, ils vont te supporter et t’aider.

QUEL A ÉTÉ TON MOMENT FORT DE L’ANNÉE 2017-2018?

Quand je suis allée faire des compétitions en France, enfin un pays où les gens parlaient la même langue que moi! Dans le stade, quand tout le monde criait mon nom, wow, ça vraiment été un moment spécial pour moi. Je suis sortie de mon camion et j’ai senti que les gens me supportaient. Ca fait chaud au coeur, tu travailles super fort et à ce moment-là, c’est comme … ta récompense! Comme ma tournée ne vient pas à Montréal, on dirait que c’était le plus proche de ma culture que je pouvais être. Ça se pourrait que l’an prochain on vienne à Laval, dans le nouveau stade, et j’ai bien hâte que ça arrive, d’être chez nous et de montrer ce que j’aime faire aux Québécois.

EST-CE QUE TU T’IMPLIQUES ENCORE DANS DES ORGANISMES POUR LES ENFANTS MALADES?

Aux États-Unis, j’ai participé à “Make a Wish” et à l’international, j’ai eu pleins d’occasion d’être avec des jeunes qui passent des moments difficiles. En France, c’était génial, il y avait des robots, un robot dans le stade et un autre à l’hôpital, alors les jeunes pouvaient nous suivre durant la journée. Ils pouvaient voir le spectacle en direct. C’est comme si on leur avait donné une invitation spéciale back-stage. On avait rencontré les jeunes avant le spectacle, alors on les connaissait, on pouvait voir leur visage dans la caméra et on pouvait leur parler, c’était vraiment comme s’ils étaient là.

Au cours des années, j’ai développé de belles relations avec des jeunes en difficulté et à chaque semaine, j’en rencontre d’autres. C’est certain qu’on ne peut pas aider tout le monde, mais j’essaie d’être disponible, de prendre le temps d’envoyer une carte ou un message, de faire tout ce que je peux pour faire une différence positive dans leur vie.

QUEL EST L’IMPACT QUE TU AIMERAIS AVOIR SUR LES JEUNES?

Je pense qu’on réalise pas l’impact qu’on peut avoir avant d’avoir quelqu’un qui vient de voir et qui te dit “Wow, t’es vraiment mon idole.” Et là, ça te fait réfléchir. La compagnie pour laquelle je travaille nous demande de faire attention à l’image qu’on projette en public, à ce qu’on met sur les réseaux sociaux, au niveau de l’alcool et tout ça. Et pour moi aussi c’est important, parce que si j’avais des enfants, je voudrais qu’ils aient le bon exemple. Je suis très sportive, je ne suis pas une fille qui sort beaucoup, je travaille super fort, alors je publie beaucoup de vidéos qui montrent ça. Si je peux les influencer à faire la même chose, dans le domaine qu’ils aiment, j’aurai atteint mon but.

EST-CE QUE TU RÉALISES QUE TU ES UNE PIONNIÈRE?

Ça fait 4 ans que je fais de la tournée, mais cette année, je me suis démarquée dans plusieurs domaines et je te dirais que c’est l’année que je réalise un peu plus que je suis une pionnière, comme tu dis. En avril, j’ai été la première femme au monde à construire une piste pour une grosse course de motocross, le AMA Supercross Championship. Ça m’a pris 2 ans de gros travail pour que j’arrive à un point où on me fait assez confiance pour me confier ce travail. Ce n’est pas un métier que je veux faire à temps plein, mais pour moi, c’était un beau défi. Avec la construction de piste et la soudure, je suis encore une femme dans des domaines d’homme. Alors oui, je le réalise plus cette année, mais je ne le fais pas pour la reconnaissance, je le fais vraiment parce que je suis passionnée. Tu sais des fois, j’aurais le gout d’avoir une vie plus normale, mais je me dis, si je peux aider, si je peux inspirer, si je peux motiver même une seule personne avec ce que je fais, alors ça en aura value la peine. Je le vois, des fois, je vais m’entrainer et je suis vraiment fatiguée. J’ai pris l’avion dans la journée, ça fait longtemps que je suis debout, mais j’y vais quand même. Et je me fais dire “Wow, tu m’as motivé à venir m’entrainer.” Je sais que je ne suis pas une infirmière ou autre chose du genre, mais si je peux aider à ma façon, c’est ça qui me motive. C’est mon but et je le réalise à tous les jours.

 

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